dimanche 12 avril 2020

Fiche 12 - Le Rossignol philomèle

«Oiseaux arrivant chez nous au printemps pour repartir à la fin de l'été»: Suite

Le Rossignol philomèle

La fiche 11 parlait des Rougequeues

Voici le Rossignol qui peut présenter une certaine ressemblance avec les femelles Rougequeues.

Lui aussi est un estivant qui arrive très régulièrement dans notre région dans les tout premiers jours d'avril pour en repartir tout aussi régulièrement dans les derniers d'août.

Il passe l'hiver au sud du Sahara, entre le Nigeria et la Tanzanie et le Kenya (vous ne voudriez pas qu'on vous fournisse une carte en plus!) Il revient tous les ans sur le même site de reproduction.


Il est à peu près de la taille d'un Moineau. Mâle et femelle sont identiques et il ressemble à... pas grand chose. La preuve !




Allure un peu rondouillarde, parties supérieures du plumage brun chaud, croupion et queue roux (d’où une éventuelle confusion possible avec une femelle de Rougequeue). Poitrine, ventre, flancs brun pâle-beige, contrastant avec le dos et les ailes. Il tient souvent redressée sa queue rousse à l'extrémité arrondie Sur toutes ces photos on remarque bien le cercle oculaire clair autour de l’œil.

Précisons tout de suite qu'il faut être un observateur persévérant pour réussir à le voir !
C'est surtout grâce à son célèbre chant qu'on sait qu'il est là. On peut alors commencer à jouer au sioux sur le sentier de la guerre pour tenter de le voir. Car le Rossignol philomèle est aussi discret qu'une Arlésienne pudibonde et aime jouer à cache-cache se laissant seulement vaguement apercevoir dans les fourrés ou les arbres où il se dissimule à merveille. 
On vous renvoie en bas de page pour écouter son chant qui a inspiré tant de poètes et musiciens. Ce chant est puissant, très mélodique, varié et le Rossignol philomèle est bien connu pour chanter la nuit où le silence amplifie la beauté de ses notes. L'auteur de cette fiche l'entend effectivement en ce moment de jour dans son jardin. Mais en ces nuits (avril 2020) il n'est pas seul, car l'Alouette lulu et le Merle noir l'accompagnent parfois. Le chant du merle est d'ailleurs lui aussi merveilleux et peut-être encore plus pur que celui du Rossignol (avis personnel n'engageant pas F.É.E).

La Fauvette à tête noire

Dans la fiche 5,consacrée aux mésanges, nous avions évoqué la Mésange nonnette et la possible confusion avec la Fauvette à tête noire.
C'est la plus commune des fauvettes, et un des oiseaux les plus communs de notre région.
Nous ne parlerons pas ici de sa cousine la Fauvette des jardins qui porte mal son nom, puisqu'elle ne fréquente que rarement...les jardins
Au contraire, la Fauvette à tête noire aime les jardins, y compris en ville et si vous possédez quelques arbustes, haies ou arbres, il est probable qu'elle soit présente chez vous.

Elle fait d'ailleurs partie des quelques oiseaux dont les effectifs sont en augmentation, probablement car elle cohabite très bien avec l'homme et niche facilement en milieu urbanisé.


Voici le mâle à gauche avec sa calotte noire 
et la femelle à droite avec sa calotte...marron.
(Pour la description plus détaillée, vous reporter à la fiche 5)



Nous avions précisé que nous présenterions des fiches faciles d'utilisation, simples et permettant d'aider à identifier les oiseaux communs, sans rentrer dans les détails «techniques» (biologie, plumages en fonction des âges, jeunes, sous-espèces etc).
Aujourd'hui, nous faisons une exception puisque des questions nous ont été posées sur les migrations des fauvettes à tête noire. 
Vous verrez que le développement qui suit offre au curieux, un champ infini dans l'étude des oiseaux. Que rien n'est figé ni définitif dans le domaine du vivant. Que les certitudes sont faites pour être balayées. Que ce qui était valable il y a quelques années peut être remis en question, que vous observez des choses qui sont en train d'évoluer, que l'incroyable se produit maintenant.
Vous pouvez en être le témoin, (fin de la digression).
Les Fauvettes à tête noire qu'on observe en Pays de la Loire passent l'hiver en péninsule ibérique. Elles reviennent chez nous en mars/avril. Mais, certains individus ne partent pas à l'automne et restent ici pour passer l'hiver. Ces Fauvettes peuvent être rejointes par d'autres venant du nord (Belgique, Luxembourg, Allemagne...)
Cependant, depuis plusieurs décennies, de plus en plus de Fauvettes venant du nord (notamment Allemagne et Autriche) et qui se dirigeaient vers le sud, (en Espagne principalement), ont changé de route et vont vers l'Ouest (comme John Wayne dans les westerns). Mais elles, c'est en Grande-Bretagne ou en Irlande qu'elles se rendent pour passer la mauvaise saison (ce n'est pourtant pas le même whisky).

Les fauvettes qui hivernent là-bas (GB) reviennent sur leur lieu de reproduction (Allemagne) environ deux semaines avant leurs congénères partis au sud ! Normal, elles ont réduit de moitié leur distance de migration.

Elles limitent ainsi non seulement les risques du voyage mais leur survie en hiver est meilleure car généralement les hivers sont plus doux qu'autrefois. Les Britanniques étant de grands amoureux des oiseaux, ils les nourrissent beaucoup en mauvaise saison et plantent de plus en plus d'arbustes et plantes à des fruits hivernaux.
Pas bêtes ces fauvettes «Anglo-Irlando-Germaniques» car ainsi, elles nichent plus tôt que «les Ibériques», s'installent dans les meilleures conditions et élèvent plus de jeunes.

Test impromptu pour voir ceux qui s'endorment!
Saurez-vous reconnaître les oiseaux ci-dessous?
Une petite aide: Il n'y a ici ni Pie, ni Pic, ni Pipit, ni Pigeon.
(Ceux qui ont un doute sont priés de tout reprendre depuis le début).
Reprenons.
Aussi incroyable que cela puisse paraître; sous nos yeux se produisent des changements physiques des fauvettes allant en Grande-Bretagne: Leurs ailes se sont arrondies et sont plus courtes (moins aptes au vol longue distance) que celles continuant à migrer en Espagne. Leurs becs se sont adaptés à la nourriture proposée et sont devenus plus longs et étroits que les becs des «Ibériques» qui continuent à se nourrir des fruits trouvés en cours de route et notamment des olives et des figues en Espagne!


Ces changements sont apparus en moins de trente générations (de fauvettes, pas d'humains).
Comme les fauvettes de l'ouest et celles du sud ne se reproduisent plus entre elles, les spécialistes pensent qu'une nouvelle espèce issue de la «Britannique» pourrait apparaître!
Nous assistons en direct à une forme rapide d'évolution sans être obligé d'étudier des fossiles vieux de millénaires.
Le plus frappant est peut-être que ces changements de comportementaux et physiques sont liés à des activités humaines (réchauffement climatique au moins en partie, nourrissage et modifications des milieux).
A suivre...

Le lien habituel est toujours ci-dessous mais pour ceux qui veulent aller plus loin, notamment les amateurs de sons et de chants, voici un site un peu plus technique mais passionnant et très riche : https://www.xeno-canto.org/
En allant sur le site https://www.oiseaux.net/ dans Espèces puis Liste des oiseaux de France vous trouverez des fiches détaillées sur les oiseaux avec leurs chants.

Les curieux de migrations trouveront quantité d'ouvrages sur ce sujet mais nous pouvons conseiller La Migration des oiseaux de Maxime Zucca aux Éditions SudOuest
C'est un livre très complet mais peut-être un peu technique pour les débutants. Vous y trouverez le suivi de migration de nombreuses espèces à travers des cartes, schémas et de magnifiques photos, les différentes techniques utilisées par les oiseaux (et les hommes), les cycles, les théories et les systèmes de navigation des oiseaux, les pièges etc. Vous apprendrez peut-être comme F.É.E qu'il existe des gradients magnétiques et olfactifs, des compas solaires, stellaires et magnétiques.. Bref, vous ne vous lasserez pas d'en savoir encore un peu plus.

Photos réalisées par les amis et adhérents de FÉE d'Orée et du site de Faune-Anjou :

Merci à:
Jacko
Yann Cambon
Gérard Champion
Grégoire Duffez
Jean-Luc Ronné
Emmanuel Sechet
Bonnes obs...